Oumm Ayman — Wikipédia
Naissance | Date inconnue |
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Décès | Date inconnue |
Sépulture | |
Conjoints | Ubayd ibn Zayd (d) Zayd ibn Harithah |
Enfants | Ayman ibn Ubayd (en) Usama ibn Zayd |
Conflits |
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De son vrai nom Barakah bint Tha'laba, Oumm Ayman (née en ? - morte en ) était l'esclave et la nourrice abyssinienne du dernier prophète de l'islam, Mahomet. Mahomet l'aimait comme une seconde mère[1]. C'est également l'une des épouses de Zayd Ibn Harithah, chef de l'armée de Mahomet.
Biographie traditionnelle
[modifier | modifier le code]Oumm Ayman, d'origine abyssinienne[2], faisait partie de l'héritage que Mahomet reçut à la mort de sa mère, à l'âge de 5 ans, au moment où il fut confié à la garde de son grand-père Abd-El-Mottalib et de son oncle Abou Talib[3]. Elle fut sa nourrice et comme une mère pour lui[4],[5]. Mahomet l'affranchit[6] quand il épousa Khadija bint Khuwaylid, en 595[réf. nécessaire].
Oumm Ayman resta toujours auprès de Mahomet, même après son affranchissement[7]. À cette époque, elle était mariée à Ubayd ibn Zayd et avait eu un fils de lui, qu'elle avait nommé Ayman. Oumm Ayman devint vite veuve[réf. nécessaire]. Elle épousa par la suite Zayd ibn Haritha, affranchi et fils adoptif de Mahomet[8]. Zayd jugeait qu'Oumm Ayman n'était ni belle ni gracieuse, mais elle était méritante[réf. nécessaire]. Plusieurs hadiths rapportent des paroles valorisantes qu'aurait dit Mahomet à son égard[8]. Elle fait partie des compagnons (ṣaḥāba) célèbres de Mahomet[9].
Oumm Ayman crut immédiatement en l'islam, dès 610. Elle aimait tellement Mahomet (son ancien petit protégé) qu'elle n'avait aucun doute quant à son rôle de Messager d'Allah. Elle joua un rôle important dans la lutte contre la persécution des musulmans à La Mecque. Elle relayait les messages que Khadija bint Khuwaylid envoyait à son mari Mahomet jusqu'à la cachette de ce dernier, au péril de sa vie[10]. Oumm Ayman émigra d'abord dans le royaume d'Aksoum en 615, pour échapper aux persécutions mecquoises, puis elle émigra à Médine en 622[11].
Selon l'historien musulman Ibn Sa'd al-Baghdadi (VIIIe – IXe siècle), elle participa à plusieurs batailles où elle était porteuse d'eau et infirmière. Elle donnait à boire aux soldats musulmans et soignait les blessés[12]. Elle fut présente notamment aux batailles de Uhud (en 625), de Khaïbar (en 628) et de Hunayn (en 630),[6]. Selon Ibn Sa'd, elle aurait été gentiment réprimandée par Mahomet alors qu'elle invoquait une malédiction divine contre l'armée ennemie[6].
En 629, elle se retrouva veuve une seconde fois. Son époux Zayd mourut en chahid à la bataille de Mu'tah, en Syrie[réf. nécessaire]. Oumm Ayman éprouva un grand chagrin quand Mahomet mourut, en . Elle mourut cinq mois après lui[13]. Bien que ne faisant pas partie de "10 promis au Paradis", les dictionnaires biographiques la considèrent comme aussi promise au Paradis[8].
Hommage
[modifier | modifier le code]Il existe un lycée public Oum Ayman à Fès, au Maroc[14].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jules (1805-1895) Auteur du texte Barthélemy-Saint-Hilaire, Mahomet et le Coran : précédé d'une introduction sur les devoirs mutuels de la philosophie et de la religion / par J. Barthélemy Saint-Hilaire,..., (lire en ligne)
- ↑ G. Osman, "Foreign slaves in Mecca and Medina in the formative Islamic period", Islam and Christian–Muslim Relations, 16(4), 2005, p.345–359.
- ↑ Imberdis, Victor. Auteur du texte, « Mahomet et l'Islam : étude historique / par Victor Imberdis,... », sur Gallica, (consulté le )
- ↑ (en) Shawkat M. Toorawa, « The Story of the Qur'an: Its History and Place in Muslim Life. By Ingrid Mattson. Oxford: Blackwell Publishing, 2008 », Journal of Qur'anic Studies (en), vol. 12, nos 1-2, , p. 208–211 (ISSN 1465-3591, DOI 10.3366/jqs.2010.0113, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ingrid Mattson, The story of the Qur'an, John Wiley & Sons, 2013, p. 74.
- (en) Josef W. Meri, Medieval Islamic Civilization: L-Z, index, Taylor & Francis, (ISBN 978-0-415-96692-4, lire en ligne), p. 868
- ↑ Oussama et Dif 2013, p. 129.
- (en) Marilyn Booth, Harem Histories: Envisioning Places and Living Spaces, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4869-6, lire en ligne)
- ↑ (en) Asma Afsaruddin, « Early Women Exemplars and the Construction of Gendered Space », dans Marilyn Booth, Harem Histories: Envisioning Places and Living Spaces, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4869-6, lire en ligne), p. 23
- ↑ Hamid, Abdul Wahid., Companions of the prophet, Mels, (ISBN 0-948196-13-0, 978-0-948196-13-3 et 0-948196-12-2, OCLC 35710300, lire en ligne)
- ↑ Oussama et Dif 2013, p. 130,131.
- ↑ A. Afsaruddin, "Reconstituting Women’s Lives: Gender and the Poetics of Narrative in Medieval Biographical Collections". The Muslim World, 92(3-4), 2002, p.461–480.
- ↑ Oussama et Dif 2013, p. 133.
- ↑ « OUM AYMAN FES », sur www.guidedumaroc.com (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Abou Oussama et Malika Dif, Les Premières Femmes de l'islam, t. II, As-Sahabiyah, éditions Tawhid, .
- Hamid, Abdul Wahid, Compagnons of the prophet, Mels, 1995
- Jules Barthélemy-Saint-Hilaire, « Mahomet et le Coran : précédé d'une introduction sur les devoirs mutuels de la philosophie et de la religion », 1865.
- Imberdis Victor, « Mahomet et l'Islam : étude historique » Ed. L. Denis aîné, Philippeville, 1867, 173 p.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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